Guerre:
Alberto Cavalcanti

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Rating:
4
On 27 août 2016
Last modified:29 août 2016

Summary:

Un film de propagande atypique où un village anglais suranné sombre dans la violence suite à l'invasion surprise d'un commando allemand

Un film de propagande atypique où un village anglais suranné sombre dans la violence suite à l’invasion surprise d’un commando allemand. Sombre, ironique et violent.

WentTheDayWell?1942

Went the Day Well? (1942)

Réalisé par Alberto Cavalcanti

Ecrit par John Dighton, Diana Morgan et Angus MacPhail d’après une histoire de Graham Greene

Avec Leslie Banks, Valerie Taylor, David Farrar, Elizabeth Allan, Frank Lawton, Mervyn Johns, Basil Sydney,…

Directeur de la photographie : Wilkie Cooper

Musique : William Walton

Produit par Michael Balcon pour Ealing Studios

Drame / Guerre

UK

Bramley End, petite bourgade anglaise, semblait bien éloignée des péripéties de la 2ème guerre mondiale jusqu’au jour où les habitants se retrouvent aux mains d’un bataillon ennemi. Pire, les ennemis ont un allié au sein du village. Mais fort heureusement, les « gens ordinaires » ont de la ressource…

went-the-day-well1942Le film s’ouvre sur une séquence qui relève à l’époque de la SF. La guerre est finie, et le gardien du cimetière nous montre un cénotaphe où sont inscrits des noms d’Allemands.

« Ils sont venus pour conquérir l’Angleterre. C’est le seul bout d’Angleterre qu’ils ont réussi à décrocher ».

« Went the Day Well? » est un film tourné en 1941 qui s’appuie sur un scénario alors jugé probable : le débarquement des Allemands sur les côtes anglaises. Pour assurer la surveillance locale, le pays compte sur les fameux Home Guards mais aussi sur le dévouement de chaque citoyen.

Le message du film est très clair. Dans ce genre de situations, même les citoyens les plus discrets peuvent devenir des héros : de la responsable de l’épicerie/bureau de poste au braconnier en passant par un jeune garçon. Mais le système des classes est toujours là. En fait le collaborateur est issu de la haute société, et ceux qui vont faire les premiers actes de résistance sont tous issus des classes populaires.

Dès qu’ils sont démasqués, nos Allemands perdent (pour la plupart) leur accent anglais et montrent leur vrai visage : Les Allemands sont cruels et sont prêts à assassiner n’importe qui (même des enfants) de sang froid. Mais les Anglais le leur rendent bien. La première attaque contre les occupants se fait à la hache (!) et chaque fois que l’un de nos villageois arrivent à toucher un « Jerry » (un boche), on voit un grand sourire éclairer son visage !

« Went the Day Well? » se veut brutalement réaliste. Dans ce petit village occupé par des Allemands, n’importe qui peut être la prochaine victime, le prochain héros.

Pour autant, le film n’est pas sans ironie et les Anglais sont montrés comme des gens pas toujours très futés, ni intéressés par ce qui se passe autour d’eux. Les premiers indices sont ignorés, les Home Guards vont connaitre un destin expéditif témoin de leur inutilité, les communications téléphoniques vont se révélées impossibles à un moment crucial car deux standardistes discutent de tout et de rien, le respect de l’autorité va se retourner contre nos bons Anglais quand le chef des Home Guards va révéler sa stratégie au faux major,…

Cavalcanti signe un film incroyablement violent où les scènes de politesse exacerbée et de la vie tranquille et surannée d’un village anglais sont entrecoupées de scènes d’une sauvagerie inouïe. De même « Went the Day Well? » (le titre est déjà d’une ironie glaciale) évite soigneusement tout sentimentalisme.

« Went the Day Well? » est vraiment un film de propagande atypique. Le réalisateur brésilien Cavalcanti (plus documentariste que réalisateur de fictions) propose un film inattendu riche d’une ironie et d’une violence non retenues. Comme on pouvait s’y attendre le film a été mal reçu à l’époque mais est aujourd’hui considéré comme un classique du cinéma britannique des années 40.

Le film est disponible via le coffret Ealing Studios « Les rebelles » (avec le magistral film noir « It Always Rains on Sunday« ) et avec une présentation (encore une fois géniale) de Bertrand Tavernier ou en DVD simple en version restaurée 2K. Dans les deux éditions, le film est accompagné du documentaire « Yellow Caesar » (1941) où Cavalcanti se moque allègrement du plus lâche des Césars, Mussolini.

Rating: ★★★★★★★★★☆ 

DVD/Blu-ray 2 FR (2015). StudioCanal. Version restaurée 2K. Version originale sous-titrée en français. Bonus : court-métrage « Yellow Caesar »

DVD zone 2 FR (2004). StudioCanal. Version originale sous-titrée en français. Bonus : court-métrage « Yellow Caesar » et présentation par Bertrand Tavernier

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