Film noir / Thriller / drame:
Joseph Losey

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4
On 16 octobre 2016
Last modified:20 octobre 2016

Summary:

Un petit film noir poignant signé Joseph Losey sur la quête désespérée d'un père alcoolique (interprété magistralement par Michael Redgrave) pour sauver la vie de son fils condamné à mort

Un petit film noir poignant signé Joseph Losey sur la quête désespérée d’un père alcoolique (interprété magistralement par Michael Redgrave) pour sauver la vie de son fils condamné à mort

Temps sans pitié (1957)

Time Without Pity (1957)

(Temps sans pitié)

Réalisé par Joseph Losey

Ecrit par Ben Barzman

Avec Michael Redgrave, Ann Todd, Leo McKern, Paul Daneman, Peter Cushing, Alec McCowen, Joan Plowright,…

Directeur de la photographie : Freddie Francis

Musique : Tristram Cary

Produit par Anthony Simmons et John Arnold

Crime / Thriller / Film noir

UK

David Graham (Michael Redgrave) sort tout juste de maison de santé aux USA où il était traité pour alcoolisme. Une fois sorti, il apprend que son fils a été condamné à mort pour le meurtre de sa petite amie. Il part aussitôt pour Londres mais n’a plus que 24 heures pour sauver son fils Alec (Alec McCowen) de la potence. 

Temps sans pitié (1957)« Time Without Pity » est le premier film britannique que Joseph Losey signe de son nom, étant obligé d’utiliser un pseudo depuis son arrivée en Grande Bretagne au début des années 50 pour fuir le Maccarthysme.

Comme pour « The Sleeping Tiger » (1954), ‘Finger of Guilt’ (1956) ou « Blind Date » (1959), Losey fait dans le polar. Ici la tendance noire est particulièrement prononcée. Michael Redgrave interprète le rôle de David Graham, un père alcoolique qui à moins de 24 heures pour sauver la vie de son fils.

Rongé par la culpabilité, essayant désespérément de rester sobre, Graham décide de tout tenter pour sauver son fils. Mais ce dernier ne compte plus sur son père, écrivain raté qui a fait sa vie loin de son fils et qui ne semble lui avoir légué que le goût pour l’alcool. Et les autres personnes qu’il va tenter de rencontrer pour prouver l’innocence de son fils, ne vont guère être plus tendre. Pourquoi débarque-t-il 24 heures avant l’exécution de son fils ? Où était-il pendant le procès ?

L’innocence d’Alec ne fait aucun doute pour le spectateur puisqu’on voit la scène du meurtre avant même le générique. Le coupable est un riche industriel Robert Stanford (Leo McKern), homme à femme colérique et puéril, dont le fils est le meilleur ami d’Alec.

Mais pourtant comment le prouver ? Quelle frustration terrible de voir le pauvre David Graham courir dans tous les sens, tenter désespérément de trouver une preuve, interrogeant les témoins plus ou moins coopératifs et souvent dédaigneux. Tout ça en évitant de plonger dans le désespoir et de céder à la faiblesse d’accepter l’un des nombreux verres qu’on lui propose.

Le scénario est parfois confus mais la fin assez inattendue et bien vue. La réussite de ce film poignant tient en grande partie à la prestation formidable du grand Michael Redgrave, ici tout bonnement fabuleux. Mais il est aussi très bien entouré au niveau casting (Ann Todd, Leo McKern, Peter Cushing,…). Et la réalisation de Losey est nerveuse et efficace (même si elle est un peu générique).

On peut bien sûr voir « Time Without Pity » comme un plaidoyer contre la peine de mort mais à ce titre il est moins efficace que « Yield to the Night » de J. Lee Thompson, sorti l’année avant, car ici le sujet est surtout celui de la rédemption et du sacrifice d’un homme déchiré prêt à tout pour sauver la vie de son fils et trouver le pardon… quel que soit le prix que cela lui coûte.

A noter que la copie du DVD éditée par Doriane Films dans leur remarquable collection « Typiquement British » est de facture très correcte. On regrettera toutefois les sous-titres parfois approximatifs voire à côté de la plaque.

DVD zone 2 FR. Studio Doriane Films (2013). Version sous-titrée en français. Livret de 12 pages signé Philippe Pilard

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