Review of: The Likely Lads
Sitcom:
Dick Clement et Ian La Frenais

Reviewed by:
Rating:
4
On 7 mai 2016
Last modified:26 juin 2016

Summary:

L'histoire de deux amis très différents, tous deux issus de la classe ouvrière du Nord de l'Angleterre, des années 60 aux années 70. Un classique.

L’histoire de deux amis très différents, tous deux issus de la classe ouvrière du Nord de l’Angleterre, des années 60 aux années 70. Un classique.

The Likely Lads

The Likely Lads (1964-1974)

Série créée par Dick Clement et Ian La Frenais

Avec James Bolam, Rodney Bewes, Sheila Fearn,…

Produit par Dick Clement

The Likely Lads, 20 épisodes  (1964-1966, BBC2)

Whatever Happened to the Likely Lads (1973-74, BBC1)

Comédie / social

UK

Créée par ceux qui allaient devenir des monuments de la télévision et du cinéma britanniques, Dick Clement et Ian La Frenais, « The likely lads » est une sitcom apparue pour la première fois sur les écrans britanniques en décembre 1964. On y suit les aventures ordinaires de deux jeunes hommes, des amis d’enfance dans leur vingtaine, vivant dans une ville industrielle du nord de l’Angleterre. Terry (James Bolan) est un grand blond, sûr de lui, prêt aux plans les plus fantasques pour draguer tout ce qui bouge et boire gratis. Son ami Bob (Rodney Bewes) est introverti, plus conventionnel mais aussi plus ambitieux.

Bien que cette série ait été diffusée pendant deux ans, il ne subsiste plus que neuf épisodes de bonne facture qui nous offrent un sympathique et très drôle portrait des classes populaires dans les années 60. A la fin de la série, après avoir fait les quatre cent coups, et las du peu d’avenir que lui propose sa vie actuelle, Bob décide de s’engager dans l’armée pour découvrir le monde. Mais il sera finalement réformé à cause de pieds plats. Terry qui s’est engagé secrètement pour rejoindre son camarade, se retrouve piégé et partira finalement seul.

Mais la série n’est devenue réellement un classique que lors de son retour sur les écrans sept ans plus tard sous le titre de « Whatever happened to the likely lads ». La série, à l’origine en noir et blanc, est à présent en couleurs mais c’est là le moindre des changements.

Bob est sur le point de se marier avec Thelma, une amie d’enfance, et occupe un bon poste dans les bureaux de la société de son futur beau père. Terry lui sort de l’armée après cinq ans de service. Bob et Terry se rencontrent par hasard dans le train alors qu’ils ne se sont pas parlé depuis tout ce temps. Le fossé social entre les deux amis s’est creusé et tout semble séparer Bob, jeune homme fringant et plein de réussite, et Terry qui vit désormais sans emploi chez sa mère. Leur amitié survivra-t-elle?

La série dresse un portrait très réussi de la Grande Bretagne des années 70, une société en pleine mutation (dans le deuxième épisode « Home is the hero », Bob essaie de démontrer à Terry que le monde a bien changé autour de lui et qu’il doit s’adapter). Mais c’est aussi une société en crise : Terry et Bob représentent deux facettes des classes populaires, l’une s’enfonçant dans la dépression et l’autre aspirant à se hisser au niveau des classes moyennes. Différence clairement exposée dès le générique où l’on voit Bob sortir satisfait de lui de sa maison toute neuve et s’apprêtant à prendre sa voiture pour se rendre au travail. La photo de Bob est juxtaposée avec trois autres photos illustrant la Grande Bretagne travailleuse et moderne. Terry lui sort de la maison ouvrière de ses parents, la cigarette au bec et le journal à la main, alors que le bus passe devant lui sans s’arrêter. Les photos juxtaposées à Terry sont celle du paysage industriel anglais. Une photo qui conclut générique de fin présente des enfants qui jouent dans les ruines d’une maison dont les fenêtres laissent apparaître au loin les figures élancées de tours toutes neuves.

« Whatever happened… » est totalement construite autour de ces deux personnages qui monopolisent à eux deux 80% des dialogues. Le ton passe sans complexe de la mélancolie à la critique sociale ou de moeurs en passant par la farce.

L’épisode « In Harm’s way » est un épisode typique de cette série marquante. L’occasion de constater que les choses n’ont pas tellement changées en trente ans :

Terry : Sais-tu combien de gens sont au chômage dans ce pays aujourd’hui ? Ne réalises-tu pas qu’on traverse une dépression ? Ne vois-tu pas qu’il y a une crise énergétique ? Quelle chance a un homme aujourd’hui avec une économie en pleine crise ?

Bob : Si ce pays est en crise c’est à cause de gens comme toi qui touchent leurs chômage chaque semaine pour couvrir leurs frais de bières, les courses et le billard. »

Dans la scène suivante, une fonctionnaire annonce à Terry qu’on va arrêter de lui payer son chômage car il n’a fait aucun effort pour travailler. Il prend alors à contre coeur une place de portier dans un hôpital. Poste qui lui fait honte car il est un électricien confirmé. Il dit à son collègue noir :

« C’est différent pour toi. Vous n’avez pas beaucoup d’opportunités. A part conduire des bus et cuisiner des hamburgers. C’est pour ça que tu es ici, non? »

On aurait rêvé de voir nos likely lads dix ans plus tard, dans les années 80 et encore sous l’ère Blairiste. Les deux principaux acteurs sont encore vivants, mais ne s’adressent plus la parole depuis le film adapté de la série en 1976 qui constituera donc la dernière apparition de nos deux héros.

L’intégrale Likely Lads est disponible en coffret chez BBC vidéo (avec des sous titres anglais).

Rating: ★★★★★★★★☆☆ 

DVD BBC 2 UK. Studio 2entertain/BBC Video (2006). Version originale sous-tirée en anglais.