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Isabelle Cases, présidente des Ecrans Britanniques et Richard Lester – crédit photo : Christian TESTANIERE / OI (Objectif Images 30)

Pour la troisième année consécutive, me voici de nouveau au festival des Ecrans Britanniques de Nîmes. Après une édition 2014 mémorable avec comme invité l’un des plus grands réalisateurs britanniques et mondiaux vivants, Mike Leigh, il était difficile de faire mieux.

Et pourtant quand j’ai appris qui serait l’invité de cette édition 2015 j’ai de suite réservé mon billet de train. Richard Lester, LE légendaire réalisateur des swinging sixties. Avec ses deux films pour les Beatles (« Hard Day’s Nigth » et « Help) ainsi que « The Knack  (and how to get it)», il est indubitablement l’un de ceux qui a le mieux su porter à l’écran l’énergie de cette époque tant fantasmée. Mais il faut faire attention de ne pas réduire Lester à une image d’Epinal. Il a montré qu’il était capable d’exceller dans le voyage au coeur de l’absurde (The Bed Sitting Room), le film catastrophe décalé (Juggernaut), la satire (How I won the war) la farce jusqu’au-boutiste (Help) ou plus conventionnelle (The Ritz), la comédie d’aventures (Royal Flash),… Dans ses meilleurs moments, Lester est capable de montrer une vraie patte qui lui vaut l’admiration de plusieurs de ses pairs, à commencer par Steven Soderbergh qui lui consacrera un très intéressant livre d’entretiens à la fin des années 90 (« Getting away with it », Faber and Faber).

Je suis donc arrivé à Nîmes ce mercredi 4 mars pour ne pas manquer la soirée exceptionnelle « Help ». La projection du film a été précédée par un concert d’un groupe de Montpelier On/Off qui a fait preuve d’une belle énergie (pas facile de reprendre des morceaux des Beatles – surtout devant Richard Lester !  Ils ont eu le bon goût de nous éviter le pot pourri des plus grands tubes).

Lester a fait ensuite la présentation de « Help ». Quand on voit l’énergie dont il fait montre encore aujourd’hui on se dit qu’il est dommage qu’il ait arrêté le cinéma depuis déjà plus de vingt ans.

Si on en juge par l’accueil d’une salle pleine et conquise, « Help » parle encore au public, malgré un humour et une réalisation qui trahissent son âge (« Hard Day’s Night » a mieux vieilli mais est moins audacieux formellement) .

Plus tôt dans la journée, j’ai pu assister à la projection de « Cry Freedom » (1991), film de Richard Attenborough, dans le cadre de l’hommage qui lui est consacré cette année. Si vous êtes un tant soit peu un habitué de mon site, vous saurez que je suis fan de ce grand acteur qui a aussi fait preuve d’un talent conséquent derrière la caméra (en tant que producteur et réalisateur).

« Cry Freedom » a souvent souffert de la comparaison avec « Gandhi », autre bio d’un grand homme réalisée quelques années plus tôt et couverte d’Oscars.  Mais Attenborough n’a pas essayé de faire un Gandhi 2, et, malgré quelques maladresses, « Cry Freedom » reste aujourd’hui une belle réussite en matière de film engagé. Attenborough a fait preuve d’un sacré courage en traitant d’un personnage moins connu du grand public et d’un sujet alors encore d’une actualité brûlante.

Je n’ai pas pu assister à la séance du dernier John Boorman, le très sympathique « Queen and Country » mais je l’avais déjà vu en avant première à Paris en novembre dernier.

Bref, c’était une première journée fort intéressante. Et quel plaisir de retrouver les équipes d’Ecrans Britanniques, toujours aussi sympathiques.

Pour plus d’infos sur le festival et la programmation, n’hésitez pas à vous rendre sur le site officiel http://www.ecransbritanniques.org

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