Review of: Voice Over
Drame:
Christopher Monger

Reviewed by:
Rating:
3
On 22 septembre 2016
Last modified:22 novembre 2016

Summary:

Un film sur la folie d'un homme qui se réfugie dans les paroles pour noyer son angoisse. Bancal et hermétique, mais avec des fulgurances.

Un film sur la folie d’un homme qui se réfugie dans les paroles pour noyer son angoisse. Bancal et hermétique, mais avec des fulgurances.

voiceover

Voice Over (1981)

Ecrit et réalisé par Christoper Monger

Avec Ian McNeice, Bish Nethercote, John Cassady,…

Directeur de la photographie : Roland Denning

Musique : Edward Klak

Produit par Laurie McFadden

Drame

105mn

UK

« Voice over » est le troisième long du réalisateur gallois Christoper Monger. Celui-ci connaitra le pic (commercial) de sa carrière à travers la très sympathique comédie dans le style Ealing « The Englishman Who Went Up a Hill But Came Down a Mountain » en 1995. Il a inauguré sa filmographie à la fin des années 70 dans un style bien différents avec des films à petit budget mais artistiquement ambitieux, hommages au cinéma warholien et à la nouvelle vague française.

Après des études d’art à Chelsea, Monger revient à Cardiff où il obtient une bourse du Welsh Arts Council pour réaliser quatre films en six ans. Pour « Voice over », il a ainsi décroché un budget de 10.500 livres. S’il tourne en 16mm et essentiellement avec des amateurs, Monger réussit à attirer un acteur expérimenté Ian McNeice pour endosser le premier rôle. Ce dernier est un ami de jeunesse avec lequel il a déjà tourné – même si entre temps McNeice a vu sa carrière s’envoler grâce à sa collaboration avec la Royal Shakespeare Company.

« Voice Over » est centré autour du personnage de ‘Fats’ Bannerman (Ian McNeice), qui écrit et interprète une série radio largement inspirée des romans de Jane Austen. Ces capsules temporelles permettent à Fats de s’échapper hors du temps. Et quand il reçoit une récompense pour sa série, il est aux anges. Mais la descente aux enfers n’en sera que plus douloureuse. Une journaliste s’en prend à sa vie professionnelle et personnelle dans une interview qui dérape. Il serait divorcé et ne verrais plus ses enfants (son ex est partie en Italie) et il vit dans un appartement en ruine. Pire, son oeuvre serait un copié collé sans vergogne de Jane Austen qui aurait surtout du succès auprès des jeunes qui se moquent de sa façon de parler, de ses romances désuètes. Quand il tombe par la suite sur deux jeunes auditrices plus tard, celles-ci s’en prennent violemment à lui.

Déstabilisé, Fats change complètement le ton de sa série. Adieu les romances pieuses, l’héroïne est un… vampire. L’histoire effectue alors une plongée dans le morbide, les excès sexuels,… Sa série a de plus en plus de succès mais lui perd pied. Un soir il tombe sur l’une des deux auditrices qui l’avait agressé quelques temps auparavant. Victime d’un viol, elle ne bouge plus et ne parle plus. Il décide alors de la garder près de lui et de s’en occuper. Mais (comble d’ironie pour un homme dont le métier passe par la voix) la jeune femme ne retrouve pas la parole, et Fats s’enfonce dans une noirceur morbide.

« Power of speech fading, power of speech failing »

« Voice over »  n’est pas toujours facile d’accès. Déjà au niveau du ton du film, sombre, et du personnage central qui n’est pas forcément aimable. Lors de son passage au festival du film d’Edimbourg, il avait soulevé une polémique auprès des féministes qui l’avaient accusé d’être misogyne. Pour moi, c’est une erreur de lecture du film et même du personnage central.

La réalisation de Christopher Monger est assurée, même si quelques scènes sont trop longues et frôlent la complaisance. Notons également que le jeu des acteurs amateurs n’est pas toujours à la hauteur de l’interprétation de Ian McNeice, et parfois l’écart est un peu trop visible.

Néanmoins ces défauts, ainsi que la qualité relative de la copie sortie par le BFI dans sa collection Flipside, ne doivent pas nous empêcher de découvrir un film audacieux et original qui mérite le coup d’oeil.

DVD Zone 2/Blu-ray UK. Studio BFI Flipside (2011). Version originale sous-titrée en anglais. Livret 34 pages. Bonus : « Repeater » (1979) de Christopher Monger. 

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