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Basil Dearden

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4
On 24 avril 2012
Last modified:11 octobre 2015

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"Victim" (1961) est un film engagé où Basil Dearden dénonce la situation des homosexuels obligés de se cacher car encore passibles de prison en Angleterre à l'aube des années 60.

« Victim » (1961) est un film engagé où Basil Dearden dénonce la situation des homosexuels obligés de se cacher car encore passibles de prison en Angleterre à l’aube des années 60.

Victim - Basil Dearden

Victim (1961)

(La Victime)

Réalisé par Basil Dearden

Ecrit par Janet Green et John McCormick

Avec Dirk Bogarde, Sylvia Syms, Dennis Price,…

Directeur de la photographie : Otto Heller

Produit par Michael Relph pour Allied Film Makers (AFM)

100 mn

UK

Melville Farr (Dirk Bogarde) est un célèbre avocat anglais. Marié, mais homosexuel caché, il devra prendre le risque de révéler sa sexualité et de briser sa carrière afin de dénoncer le chantage pratiqué sur ses camarades, et qui est à l’origine du suicide de son ami Boy Barrett.

Victim de Basil DeardenAu début des années 60, de vieilles lois encore en vigueur en Angleterre et au Pays de Galles interdisaient toute pratique homosexuelle.  Même si ces lois étaient alors rarement appliquées, la pression sociale était très forte. Nombre de personnalités célèbres vivaient ainsi leur homosexualité dans l’ombre. Et les affaires de chantage étaient monnaie courante.

Il a donc fallu un certain courage à Basil Dearden, qui s’était auparavant attaqué plusieurs fois au racisme ordinaire (notamment dans Sapphire deux ans plus tôt) pour traiter si ouvertement d’un sujet que personne ne voulait vraiment aborder (c’est d’ailleurs dans ce film que fut prononcé pour la première fois le mot « homosexuel » dans l’histoire du cinéma de langue anglaise).

Il a également fallu beaucoup de courage à Dirk Bogarde, alors âgé de 39 ans et l’une des stars les plus populaires du cinéma britannique de l’époque, qui lui même était un homosexuel caché, pour accepter un tel rôle. Homosexualité supposée, et plus tard confirmée par son frère, qui lui fermera les portes de Hollywood (d’autant qu’il refusera toujours un mariage de convenance – contrairement au personnage qu’il incarne dans « Victim ») .

Le film rencontra en Angleterre un joli succès critique et public, et l’on considère qu’il a joué un rôle non négligeable dans l’éveil des consciences qui entraînera la dépénalisation de l’homosexualité six ans après sa sortie en 1967. Décision qui entérinait les recommandation du Wolfenden report formulées dix ans plus tôt après plusieurs cas célèbres dont celui de Lord Montagu condamné à la prison en 1954.

« Victim » sera par contre maginalisé aux Etats-Unis où le refus de la part de Dearden de retirer le mot « homosexuel » des dialogues entraînera sa mise au placard.

Pour ce qui est des qualités cinématographiques du film, on notera que comme pour « Sapphire » deux ans plus tôt, Dearden et sa scénariste Janet Green utilisent le film du genre (le whodunit) et le drame intimiste (ici la relation de couple entre Meville et sa femme) pour faire passer leur message. « Victim » et « Sapphire » bénéficient tous deux de dialogues et situations traités avec subtilité, qui évitent de sombrer dans le didactisme. La réalisation sobre et efficace de Dearden fait encore ici merveille, et Dirk Bogarde est évidemment fabuleux.

[xrr rating=7/10]

DVD UK Network. Audio en anglais, sans aucun sous titre. Disponible également dans le coffret Criterion « Basil Dearden’s London underground » en zone 1 avec des sous titres anglais. 

 

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