Romance:
Anthony Minghella

Reviewed by:
Rating:
4
On 7 juillet 2016
Last modified:21 juillet 2016

Summary:

Une romance fantastique sublimée par des personnages mémorables et des acteurs hors du commun

Une romance fantastique sublimée par des personnages mémorables et des acteurs hors du commun

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Truly, Madly, Deeply (1990)

Ecrit et réalisé par Anthony Minghella

Avec Juliet Stevenson, Alan Rickman, Jenny Howe, Christopher Rozycki, Deborah Findlay, Stella Maris,…

Direction de la photographie : Remi Adefarasin

Musique : Barrington Pheloung

Produit par Robert Cooper pour BBC

Drame / romance / fantastique

UK

Nina (Juliet Stevenson) est une traductrice qui vit seule dans une petite maison en mauvais état et envahie par les rats. Désespérée, elle n’arrive pas à se remettre du décès de son compagnon Jamie (Alan Rickman) et a parfois l’impression qu’il lui parle.

TrulyMadlyDeeply1990Une romance mélangée à une histoire de fantôme. Forcément on pense à la tarte à la crème hollywoodienne sortie la même année, « Ghost » avec Demi Moore et Patrick Swayze. Mais à part ce croisement improbable de deux genres bien différents, les deux films n’ont rien à voir.

« Truly, Madly, Deeply » est un film sensible et intelligent sur la perte, l’absence et l’amour. Vu le sujet, il faudra garder le coeur bien accroché. Le film n’est pas avare en moments difficiles. Et pourtant, il se dégage du film un sentiment d’optimisme représenté par la fin. La trame narrative n’a en elle-même rien de bien surprenant, mais la qualité de l’écriture fait toute la différence.

Le film abonde en seconds personnages bien décrits. Du patron de Nina, à sa soeur en passant par les ouvriers qui travaillent chez elle pour tenter d’éviter l’écroulement de la maison, tous s’inquiètent de son sort et tentent de l’égayer.

« Truly, Madly, Deeply » est aussi un film sur l’exclusion. Par son métier mais aussi par sa dépression, Nina se place en marge de la société et s’entoure de gens eux-mêmes exclus : une cinéaste péruvienne qui attend un enfant et se retrouve à faire des ménages, un ouvrier polonais,… Et quand elle finit par rencontrer quelqu’un c’est un psychologue qui s’occupe d’handicapés mentaux.

Le film pourrait être très chargé. Pourtant tous ces personnages présentent des lueurs d’espoir, incarnent la vie qui est devenue si insupportable à Nina. Pour l’instant, elle se réfugie auprès du fantôme de Jamie, mais pour combien de temps ?

A noter que la comédie n’est pas absente de « Truly, Madly, Deeply » mais je ne le rangerai pas pour autant dans la rubrique « comédie romantique ». Vous allez davantage pleurer de tristesse et compassion que de rire.

Pour sa deuxième réalisation (son premier long « A Little Like Drowning » date de 1978 et semble introuvable), Anthony Minghella ne choisit donc pas la facilité. Il a écrit le scénario pour Juliet Stevenson qui est absolument remarquable dans le film. Tout comme Alan Rickman qui signe ici l’une de ses plus belles prestations à l’écran.

Anthony Minghella signera encore une poignée d’autres films, dont le plus célèbre reste « The English Patient » (Le patient anglais, 1996) récompensé par neuf Oscars, mais décédera beaucoup trop tôt en 2008 à l’âge de 54 ans.

« Truly, Madly, Deeply » est à ce jour (juillet 2016) difficilement trouvable en DVD. Espérons que ce tort sera bientôt rectifié.

DVD zone 2. Studio MGM. Version originale sous-titrée en français et version française.

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