Review of: Track 29
Drame:
Nicolas Roeg

Reviewed by:
Rating:
4
On 9 juillet 2017
Last modified:9 juillet 2017

Summary:

Un film pervers sur la folie, filmé par l'un des cinéastes britanniques les plus excentriques, Nicolas Roeg

Un film pervers sur la folie, filmé par l’un des cinéastes britanniques les plus excentriques, Nicolas Roeg

TRACK 29, Theresa Russell, Gary Oldman, 1988, (c)Island Pictures

Track 29 (1988)

Réalisé par Nicolas Roeg

Ecrit par Dennis Potter

Avec Theresa Russell, Gary Oldman, Christopher Lloyd, Sandra Bernhard,…

Directeur de la photographie : Alex Thomson / Musique : Stanley Myers / Montage :
Tony Lawson / Direction artistique : Francine Mercadante

Produit par Rick McCallum pour HandMade Films

Drame

UK/USA

Linda (Theresa Russell) est une jeune femme déséquilibrée. Son mari Henry (Christopher Lloyd) est docteur et collectionneur de trains. Alors qu’Henry refuse d’avoir un enfant et qu’il la trompe avec une infirmière, Linda sombre quand elle rencontre Martin (Gary Oldman), un autostoppeur anglais au comportement des plus étranges.

« Track 29 » est l’histoire d’une folie, celle de Linda, une jeune femme au foyer qui ne peut plus supporter son mari et sa passion des trains. Elle veut un enfant mais il refuse. C’est à ce moment qu’elle rencontre Martin, un auto stoppeur qui affirme la connaitre. Serait-il l’enfant qu’on lui a pris quand, encore collégienne, elle a accouché suite à un viol, ou le monstre qui l’a violé ?

Le drame psychologique, qui frôle avec le fantastique, joue avec vos nerfs. Le comportement hystérique de Martin (Gary Oldman excellent) vous vrille le cerveau de la même façon qu’il le fait avec sa « mère ». Mais dans ce jeu où Martin essaie de rattraper les années perdues en « jouant » avec Linda, qui est le plus manipulé ? Martin ne serait-il que le fruit de la vengeance imaginée par une Linda au bord de la rupture ?

Et peut-on dire que le mari, Henry, est plus sain d’esprit ? Il aime se faire fesser par son amante, les mains enveloppées dans des gants en caoutchouc chauffés, et passe tout son temps libre avec ses trains miniatures qui circulent à travers la maison via un circuit très élaboré. Il est également président de l’association des amoureux de train miniatures et délivre lors d’une convention un discours passionné qui transporte les foules (le passage de la convention est aussi hypnotisant qu’hilarant).

Bref, Henry fait tout pour oublier sa femme, cloitrée dans leur grande maison au milieu de nulle part. Et le drame s’apprête à surgir, forcément sanglant comme en témoignent les extraits de « Cape Fear » (1960) de J. Lee Thompson qui passe à la télévision le soir du drame.

Nicolas Roeg signe encore une fois un film déstabilisant, excentrique. C’est une marque de fabrique. Il se base sur un scénario du grand Dennis Potter qu’en son temps Joseph Losey avait déjà voulu porter à l’écran. Ce n’est pas le film de Roeg et le scénario de Potter les plus faciles d’accès. Et le résultat final peut horripiler. Mais ça reste un film intéressant sur la folie (qu’elle soit douce ou des plus violentes).

« Track 29 » n’est pas facile à trouver en DVD. Il existe une vieille version UK sans sous titres qui est aujourd’hui hors de prix. Espérons qu’un éditeur ambitieux (Criterion ?) saura donner à ce film une meilleure visibilité.

DVD zone 2 UK. Studio Optimum. Version originale sans sous-titres

 

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