Horreur:
Robin Hardy

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Rating:
4
On 21 août 2011
Last modified:12 octobre 2015

Summary:

"The wicker man" baigne dans une atmosphère malsaine filmée de manière très naturaliste, en décors naturels mais est entrecoupé de morceaux chantés kitchissimes

« The Wicker Man » baigne dans une atmosphère malsaine, à la limite de l’horreur, mais contient aussi des morceaux chantés kitchissimes. Culte !

The Wicker Man (1973)

The Wicker Man (1973)

(Le dieu d’osier)

Film de Robin Hardy

Ecrit par Anthony Shaffer

Avec Christopher Lee, Edward Woodward, Britt Ekland,…

Directeur de la photographie : Harry Waxman

Produit par Peter Snell pour British Lion

Horreur / Thriller / Comédie musicale

84 mn

UK

 

Le sergent Howie (Edward Woodward) de la police de Western Highland arrive à Summerisle, une petite île privée de la côte ouest de l’Ecosse, pour enquêter sur la disparition présumée d’une jeune fille. Ce qui commence comme une enquête de routine devient une confrontation entre le policier, chrétien dévot,  et les étranges coutumes et rituels ayant cours à Summerisle. La rencontre avec l’étrange propriétaire des lieux, Lord Summerisle (Christopher Lee) ne va pas vraiment arranger les choses.

TheWickerMan1973affiche« The Wicker Man » est un film d’horreur très étrange (dont la classification dans le genre en question est d’ailleurs discutable) et qui a atteint assez rapidement le statut de film culte. Mais ce n’était pas gagné dès le départ. Suite au rachat du studio British Lion par EMI, le film a été enterré : raccourci d’une dizaine de minutes et distribué en catimini en Grande Bretagne et aux USA. Heureusement, dès 1977, la revue américaine Cinefantastique y consacre un numéro spécial affirmant qu’il s’agit du « Citizen Kane du cinéma d’horreur ».

Cette naissance un peu compliquée a probablement aidé à faire passer « The Wicker Man » pour une oeuvre maudite et géniale.

D’autant que son acteur principal, le mythique Christopher Lee, bien que non rémunéré pour le film, s’est entiché de « The Wicker Man » allant jusqu’à proposer aux critiques de payer leur place pour qu’ils voient le film, et à se lancer dans une tournée aux USA pour en vanter les mérites.

Ces dernières années « The Wicker Man » a été l’objet de plusieurs documentaires (dont le fameux « The wicker Man enigma » présent sur le DVD Studio Canal), d’un livre (« Inside the Wicker Man »), d’une tentative d’adaptation théâtrale (en 2009) et d’un remake (honni par les fans) de 2006 avec Nicolas Cage. Studio Canal, qui a récupéré le droits du film, a sorti des éditions collector au début des années  2000, comprenant notamment la version complète du film qui a pu être reconstituée à partir d’un transfert du film qui avait été envoyé à Roger Corman pour la distribution américaine.

« The Wicker Man » débarque en 1973 à un moment où la Hammer est au plus mal et où l’horreur made in britain est dépassée à la fois par les Américains et les Italiens. Mais « The Wicker Man » est très éloigné de tout ce qui se fait en matière d’horreur à l’époque. D’ailleurs est-ce vraiment un film d’horreur ?

On peut se poser la question, car « The wicker man » baigne dans une atmosphère malsaine filmée de manière très naturaliste, en décors naturels (superbes images de l’Écosse qui participent à l’ambiance du film!), mais est entrecoupé de morceaux chantés kitchissimes (notamment par Christopher Lee himself ou Britt Ekland qui nous livre une chanson et une danse de la tentation dans le plus simple appareil !! ). Chansons qui renforcent le côté très particulier du film. On sourit parfois, mais jaune.

Le film oppose en fait, non sans humour, la religion chrétienne et une religion païenne celte ancestrale. Et la rigidité extrémiste du sergent Howie ne passe finalement guère mieux que les délires païens des locaux. Non qu’après le film, il y ait vraiment un risque de voir pousser chez vous une forte envie d’adopter un tel culte (encore que leur liberté décomplexée vis à vis du sexe puisse en tenter plus d’un !).

– Nous sommes des gens très religieux

– Avec des églises en ruine, des prêtres absents et des jeunes femmes qui dansent nues !

– Elles adorent les cours de religion.

– Mais elles sont nues!

– Bien sûr ! Ce serait bien trop dangereux de sauter au-dessus d’un feu avec une robe !

En dehors du côté malsain de cette petite communauté fermée sur elle-même, le seul vrai moment d’horreur arrive à la toute fin du film. Mais là encore, il est désamorcé par les chansons et danses des païens ainsi que par les propos délirants du Sergent.

Mais « The Wicker Man » est autant un film d’horreur qu’un thriller, un documentaire sur une communauté se livrant à une religion païenne ou encore une comédie musicale. Et ça fait justement partie de son charme.

Si les spectateurs pourront apprécier à divers degrés l’étrangeté du film, « The Wicker Man » est une oeuvre unique à l’ambiance très particulière  dont on peut difficilement remettre en cause le statut d’oeuvre culte.

Notons quand même que le scénario délirant de « The Wicker Man » est signé par Anthony Shaffer, l’homme derrière « Sleuth » / « Le limier » pour Mankiewicz et « Frenzy » pour Hitchcock.

Le réalisateur Robin Hardy n’a pour sa part pratiquement rien filmé depuis mais vient de remettre le couvert avec un nouveau film « The Wicker Tree », qui n’est ni une suite ni une préquelle mais une variation sur le même thème, toujours avec Christopher Lee, et à nouveau produit par British Lion qui renait par la même occasion de ses cendres. Au moment où j’écris ces lignes (août 2011) le film est fini mais pas encore sorti sur les écrans.

Rating: ★★★★★★★★☆☆ 

DVD Sudio Canal. Version courte. VO sous titrée en français, et version française. Avec une introduction de Jean-Pierre Donnet, le documentaire « The Wiker Man enigma », une interview américaine avec Christopher Lee et Robin Hardy, trailer,… 

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