Drame:
Michael Powell

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4
On 2 octobre 2013
Last modified:9 octobre 2015

Summary:

Film injustement méconnu de Powell, voici un petit chef d'oeuvre intimiste sur un homme en proie à ses démons.

Film injustement méconnu de Powell, voici un petit chef d’oeuvre intimiste sur un homme en proie à ses démons

La mort apprivoisée / The small back room (1949)

The Small Back Room (1949)

(La mort apprivoisée)

Un film de Michael Powell et Emeric Pressburger

Réalisé par Michael Powell

Ecrit par  Emeric Pressburger d’après le roman de Nigel Balchin

Avec David Farrar, Jack Hawkins, Kathleen Byron,…

Directeur de la photographie : Christopher Challis

Produit par Michael Powell et Emeric Pressburger pour The Archers et London Film Productions

Drame

106 mn

UK

1943. Sammy Rice (David Farrar) est un expert en bombes en proie à une douleur constante et à la dépression après avoir perdu son pied droit. Il lute depuis contre l’alcoolisme, et compte sur Susan (Kathleen Byron) pour ne pas sombrer. Mais Sammy travaille comme chercheur dans un laboratoire indépendant qui travaille sur des explosifs, et il lutte contre la colère intérieure qui le ronge, toujours sur la brèche. Parallèlement, les militaires ont besoin de son expertise pour maitriser une nouvelle bombe particulièrement vicieuse qui a fait déjà plusieurs victimes.

La mort Apprivoisée de Michael Powell« The Small Back Room » est un film atypique à plus d’un titre.

D’abord par le sujet et le personnage central très originaux. Le film a pour héros un chercheur en explosif, travaillant pour un laboratoire indépendant, unijambiste et alcoolique, qui passe le cap le plus important de sa vie en pleine seconde guerre mondiale. Va-t-il réussir à aller au-delà de ses démons pour garder sa compagne, accepter un poste à responsabilité et accessoirement désarmer une bombe allemande particulièrement vicieuse ?

Ensuite, le film et son traitement sont atypiques dans la carrière de Powell et Pressburger. Alors que les deux génies sortent de deux films flamboyants en Technicolor « Black Narcissus » (1947) et  « The red shoes » (1948), voici qu’ils signent un film intimiste en noir et blanc !

Bien entendu le film sera un échec commercial brutal. Qui avait envie de voir en 1949 un film dur qui rappelait la tragédie du blitz ? Michael Powell l’avoue lui-même dans le deuxième volume de son autobiographie (Million Dollar Movie, une vie dans le cinéma tome 2) :

« Londres pendant la guerre : tout le monde en avait assez de ce genre de sujet – j’aurais dû m’en douter – mais j’étais un fervent admirateur du livre de Nigel. Je brûlais d’envie de m’attaquer à la séquence de la bombe, qui était le clou du livre et, qui je l’espérais, serait non seulement le clou du film mais une de ces pièces de résistance cinématographiques, tant aimées des réalisateurs et des spécialistes, de celles qu’on analyse dans les écoles de cinéma… »

Et il faut bien l’avouer, la séquence en question est épatante de tension. Powell a eu un sacré coup de génie de situer la séquence sur une plage de galet et non de sable comme dans le livre. Egalement remarquable, la scène de délire sur-réaliste quand Sammy est sur le point de craquer et d’ouvrir la fameuse bouteille de liqueur de whisky qui le nargue depuis le début du film, et qui est véritablement le 3e personnage principal avec Sammy et Sue. Car la question lancinante du film est : va-t-il la boire ou pas, va-t-il craquer ou résister à la tentation ?

Sans être la démonstration la plus éclatante du talent visuel de Powell (mais c’est vrai qu’il y a pas mal de chefs d’oeuvre dans sa filmographie qui peuvent prétendre à la plus haute marche du podium), « The Small Back Room » est tout simplement un très bon film sur la lutte désespérée d’un homme pour ne pas sombrer et sur son histoire d’amour compliquée avec celle qui le fait tenir debout, mais dont l’amour et l’aide le culpabilisent.

Cette histoire est particulièrement bien servie par les deux acteurs principaux, David Farrar et Kathleen Byron, tous deux excellents (leurs scènes ensemble, très bien écrites, sont de très belles séquences sur la crise d’un couple). Une très belle réussite, trop souvent ignorée dans la filmographie de Powell.

« Have a drink, Sammy »

Rating: ★★★★★★★★☆☆ 

DVD Studio Canal. Zone 2 FR. Version originale sous titrée en français.

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