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On 1 janvier 2014
Last modified:12 octobre 2015

Summary:

Du réalisme social qui en fait trop pour être honnête, "Le Géant Egoïste" est une oeuvre si glauque qu'elle se décroche de la réalité.

Du réalisme social trop glauque pour être honnête ?

Le Géant égoïste

The Selfish Giant (2013)

(Le géant égoïste)

Réalisé par Clio Barnard

Ecrit par Clio Barnard d’après la nouvelle d’Oscar Wilde

Avec Conner Chapman, Shaun Thomas, Sean Gilder,…

Directeur de la photographie : Mike Eley

Produit par Tracy O’Riordan pour Moonspun Films

91 mn

Drame

UK

Agé de 11 ans, Arbor (Conner Chapman) est un enfant qui est victime de soudaines crises de violence. Son seul ami est Swifty (Shaun Thomas), un enfant issu d’une famille de gitans sédentarisés qui sont les souffre douleur du quartier. Quand Arbor est renvoyé définitivement de l’école, il décide de se lancer dans la récupération en travaillant avec Swifty pour le ferrailleur (Sean Gilder).

Clio Barnard s’était fait remarqué avec « The Arbor » son docu fiction sur la dramaturge de Bradford, Lorraine Dunbar. « The Selfish giant » est son deuxième long et a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme. Il a notamment remporté le Hitchcock d’Or lors du 24e festival de Dinard ou encore le prix du meilleur film au Stockholm International Film Festival.

« The Selfish giant » s’inscrit dans le mouvement du réalisme social et on pense bien évidemment au travail de Ken Loach. Dans une critique dithyrambique, The Guardian va jusqu’à présenter le film comme l’oeuvre d’un Ken Loach 2.0 « surcomprimé ».

Le film est d’abord une histoire d’amitié entre deux jeunes marginaux dans une ville Bradford qui est déjà en marge de la société britannique. Ils vont se lier à un homme, le ferrailleur du coin, un homme brutal et dur mais qui leur donne l’opportunité de se trouver une place. Si Arbor s’endurcit, travaille et vole avec pour seul objectif de devenir riche (afin d’aider sa mère), Swifty, passionné par les chevaux, rêve lui de pouvoir monter le cheval du ferrailleur quitte à le faire gratuitement. L’obsession et le déséquilibre d’Arbor va inévitablement les conduire au drame.

Autant vous le dire tout de suite, si j’aime beaucoup le réalisme social et l’oeuvre de Loach, je suis sorti très mitigé de la projection de « The Selfish giant ».

Le point fort du film est incontestablement l’interprétation. Les deux enfants (Conner Chapman et Shaun Thomas) mais aussi les adultes sont tous parfaits et donnent une crédibilité nécessaire au film. Pour autant l’histoire, profondément glauque, manque pour moi de respiration. Clio Barnard en rajoute une couche avec sa réalisation. Elle s’attarde longuement sur des scènes difficiles, balaie le paysage de friches industrielles et de misère avec un peu trop de complaisance.

Du coup « The Selfish giant » frôle l’exercice de style académique du parfait petit adepte du réalisme social, et manque… d’humanité (ses personnages caricaturaux finissent par ressembler à de simples marionnettes au service de la réalisatrice). On essaiera pas de comparer « Kes » à « The Selfish giant ». Loach n’est pas reconnu pour la subtilité de son propos mais il est bien supérieur pour moi à Clio Barnard qui en fait un peu trop pour être complètement honnête.

[xrr rating=5/10]

Sortie dans les salles françaises le 18 décembre 2013