Review of: Le corrupteur
Drame:
Michael Winner

Reviewed by:
Rating:
2
On 25 août 2014
Last modified:30 août 2014

Summary:

Une préquelle au "Tour d'écrou" d'Henry James avec Marlon Brando en corrupteur de deux jeunes enfants qui vont développer une fascination pour l'amour et la mort.

Une préquelle au « Tour d’écrou » d’Henry James avec Marlon Brando en corrupteur de deux jeunes enfants qui vont développer une fascination pour l’amour et la mort.

le-corrupteur-1971

The Nightcomers (1971)

(Le corrupteur)

Réalisé par Michael Winner

Ecrit par Michael Hastings (d’après les personnages d’Henry James)

Avec Marlon Brando, Stephanie Beacham, Thora Hird, Verna Harvey, Christopher Ellis, Harry Andrews,…

Directeur de la photographie : Robert Paynter

Produit par Michael Winner

Drame

96 mn

UK

Deux enfants se retrouvent orphelins et vivent en autarcie dans la campagne britannique avec pour compagnie la vieille gouvernante, leur enseignante Miss Jessel et l’homme à tout faire, violent et pervers, Peter Quint (Marlon Brando).

le-corrupteur-Affiche« The Nightcomers » est une préquelle de « Turn of the Screw », la célèbre nouvelle horrifique de Henry James portée à l’écran dix ans plus tôt par Jack Clayton dans « The Innocents« .  Le scénariste Michael Hastings essaie ici d’imaginer les événements qui ont pu corrompre l’esprit des deux jeunes enfants notamment via les deux individus mystérieux, l’homme à tout faire Peter Quint et la jeune gouvernante Miss Jessel, qui apparaissent dans « Turn of the screw » sous la forme de fantômes.

Ici donc pas (encore) de fantôme puisque Quint et Miss Jessel sont bien vivants.

Nous sommes dans un drame psychologique en huis clos où Peter Quint joue le rôle central de corrupteur (comme l’annonce clairement le titre français) auprès de jeunes enfants sans repères (avant de mourir lors d’un voyage à l’étranger, les parents ne semblaient de toute façon pas très présents). Homme violent, alcoolique, rebelle d’opérette qui se moque des conventions quand les maîtres ont le dos tourné, Quinn est un lâche.  Mais c’est LE référant pour les jeunes orphelins. Quand il établit une relation sado masochiste avec Miss Jessel, il devient LE modèle pour le jeune garçon Miles qui tente de reproduire les jeux sexuels dont il a été témoin avec… sa soeur. Et c’est cette relation de couple entre Jessel et Quint qui permettra aux enfants de définir ce qu’est l’amour. On imagine les dégâts.

L’atmosphère est malsaine et le film fonctionne plutôt bien. Ceci dit, le problème c’est que le personnage de Quint (joué par un Brando orgiaque et à l’époque has been – il tournera le film de sa renaissance « The Godfather » l’année suivante) est plus ridicule qu’inquiétant. Difficile de comprendre la fascination qu’il exerce sur les enfants et Miss Jessel. Et donc de croire au dénouement.

« The Nightcomers » n’est pas un modèle de subtilité, tant par le scénario, la réalisation que par l’interprétation de Brando. Et c’est dommage car cette idée de préquelle à la nouvelle d’Henry James était une sacré bonne idée. Mais peut-être que la noirceur de Quint telle qu’elle transparait au détour des pages de « Turn of the Screw » était un peu trop dérangeante pour être montrée frontalement dans un film britannique du début des années 70 – d’autant que des jeunes enfants sont concernés (notons d’ailleurs qu’ils apparaissent dans le film comme étant plus âgés que dans la nouvelle de James).

[xrr rating=6/10]

DVD zone 2 FR. Studio Canal. Version originale sous-tirée en français et version française.

 

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