Review of: The Damned
Science Fiction:
Joseph Losey

Reviewed by:
Rating:
4
On 19 septembre 2013
Last modified:11 octobre 2015

Summary:

Un film de SF étrange signé Joseph Losey pour la Hammer, qui malgré ses lacunes, reste un film convaincant et fascinant.

Un film de SF étrange signé Joseph Losey pour la Hammer, qui malgré ses lacunes, reste un film convaincant et fascinant.

The Damned 1963 Reed Losey

The Damned (1963)

Réalisé par Joseph Losey

Ecrit par Evan Jones d’après le roman de H.L. Lawrence

Avec Oliver Reed, Macdonald Carey, Shirley Anne Field, Viveca Lindfors,…

Directeur de la photographie : Arthur Grant

Produit par Anthony Hinds pour Hammer Film Productions

SF

91 mn

UK

Simon West (Macdonald Carey) est un touriste américain en visite sur la cote anglaise. Il suit une jeune femme Joan (Shirley Anne Field) mais se fait racketté par un gang de teddy boys mené par le frère de Joan, King (Oliver Reed). Joan décide de s’enfuir avec Simon, mais King est bien décidé à récupérer sa soeur. En tentant de leur échapper, Simon et Joan vont se réfugier dans un complexe étroitement surveillé.

These are the damned (poster US)« The Damned » est un film  (injustement) méconnu dans la filmographie de Losey, Tourné en 1961, juste avant « Eva » (1962) qui va marquer l’ambition de Losey de sortir du film de genre, et sorti deux ans plus tard à peu près en même temps que « The Servent » (1963), « The Damned » est un ovni pour Losey.

Il s’agit de son seul film de SF, tourné de plus pour les célèbres studios Hammer. Ce n’était pas la première fois que Losey les croisait. Il avait déjà failli travailler avec eux sur « X the unknown » (1956) puis avait été écarté au dernier moment pour ne pas mettre en danger la sortie américaine du film (maccarthysme oblige). Il avait été à nouveau approché par le studio pour « The Criminal », un thriller avec Stanley Baker, sur un scénario de Jimmy Sangster. Mais Losey refusera le scénario, et le projet se fera bien mais sans la Hammer, et avec un scénario complètement ré-écrit par Alun Owen.

La production de « The Damned » n’a pas été un long fleuve tranquille. La première version du scénario avait déjà été approuvée par la commission de censure avec de grandes réserves. Mais deux semaines avant le début du tournage, Losey décide de faire ré-écrire totalement le scénario par Evan Jones avec qui il allait enchaîné sur « Eva », donnant des sueurs froides à la Hammer.

De même le tournage va largement dépasser son budget initial pour atteindre la somme pharaonique de 170.000 livres. Bien qu’accueilli favorablement par la critique, le film ne sera pas un grand succès au Royaume-Uni et restera sur les étagères de la Columbia qui finira par le sortir aux USA en 1965 amputé d’une dizaine de minutes et sous le titre de « These are the damned ».

Bien que le DVD UK distribué par Sony arbore le titre « These are the damned » au générique, il s’agit bien de la version non coupée du film qui dure donc 91 mn, ressortie dans les salles en 2007.

Difficile de parler du film sans trop en dire. Et il vaut mieux le voir sans trop en savoir sur le scénario. Notons que « The Damned » est séparé en deux parties bien distinctes. Dans la première partie, Simon, un touriste américain d’une cinquantaine d’années s’éprend de Joan, une jeune femme qui sert d’appât à un gang de teddy boys mené par son frère King – interprété par Oliver Reed (à l’époque sous contrat avec la Hammer).

Cette première partie, joliment tournée en décors naturels sur la côte britannique, est un peu lente et a mal vieilli. Le gang de jeunes délinquants parait bien inoffensif par rapport à d’autres représentations cinématographiques ultérieures de la délinquance juvénile. On pense au bien plus tardif « A Clockwork orange » (1971) de Kubrick, et le personnage du leader des délinquants version Kubrick n’est pas sans parenté avec le personnage de King. La chanson du gang, répétée plusieurs fois au début du film, est également aussi entêtante que vieillotte. Mais tout ça est il finalement volontaire de la part de Losey ? Ces jeunes sont-ils réellement dangereux ?

Le ton du film change brusquement quand Simon et Joan se réfugient dans ce qui s’avère être un complexe militaire ultra secret, et qu’ils vont tomber sur des enfants étranges. Le ton devient alors bien plus menaçant. Et King perd le peu d’aura de dangerosité qu’il avait quand ils sont tous confrontés à un pouvoir bien plus dangereux, même s’il est tout à fait légal et accepté.

Et c’est la que parait être le vrai message du film.  Alors que quelques individus sont stigmatisés comme des dangers pour la société par leur comportement anti social et leurs actes de délinquance, ils sont finalement bien moins dangereux et incontrôlables que le pouvoir en place.

On comprend alors tout à fait l’intérêt personnel qu’a pu prendre Losey, exilé des Etats-Unis par le Maccarthysme, dans cette allégorie. Et vu la fin très sombre du film, Losey ne semblait guère optimiste sur les chances que la situation change rapidement ! Malgré l’oubli dans lequel il est tombé, et des défauts criants (au niveau du rythme et de l’interprétation), « The Damned » est à mes yeux le film anglais le plus intéressant tourné par Losey avant « The Servant ».

[xrr rating=7/10]

DVD Sony Pictures Home Entertainment. Zone 2 UK. Version anglaise avec sous titres anglais. Livret de 12 pages sur le film.

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