Comédie dramatique:
John Boorman

Reviewed by:
Rating:
4
On 28 novembre 2014
Last modified:29 novembre 2014

Summary:

Le testament apaisé et rieur d'un cinéaste anglais qui porte un regard amusé teinté de mélancolie sur l'après guerre et le changement de mentalité qui s'y opère dans la douceur. Tout change, rien ne change.

Queen and Country

Le testament apaisé et rieur d’un cinéaste anglais qui porte un regard amusé teinté de mélancolie sur l’après guerre et le changement de mentalité qui s’y opère dans la douceur. Tout change, rien ne change.

Queen and Country (2014)

Ecrit et réalisé par John Boorman

Avec Callum Turner, Caleb Landry Jones, Pat Shortt, Richard E. Grant,…

Directeur de la photographie : Seamus Deasy

Musique Stephen McKeon

Produit par John Boorman et Kieran Corrigan pour Merlin Films

Comédie dramatique

UK

1952. Bill Rohan (Callum Turner) a 18 ans et l’avenir devant lui. Pourquoi pas avec cette jolie fille qu’il aperçoit sur son vélo depuis la rivière où il nage chaque matin ? Cette idylle naissante est bientôt contrariée lorsqu’il est appelé pour effectuer deux années de service militaire en tant qu’instructeur dans un camp d’entraînement pour jeunes soldats anglais en partance pour la Corée. Bill se lie d’amitié à Percy (Caleb Landry Jones), un farceur dépourvu de principes avec lequel il complote pour tenter de faire tomber de son piédestal leur bourreau : le psychorigide Sergent Major Bradley (David Thewlis).Tous deux parviennent néanmoins à oublier un peu l’enfermement et la discipline à l’occasion de rares sorties. Mais leur est-il encore possible d’y rencontrer l’âme soeur ?

Queen_and_CountryLe dernier film de John Boorman est la suite de « Hope and Glory », son film semi-autobiographique de 1987 qui raconte une enfance sous le blitz. Ici on le retrouve le même personnage, Bill Rohan, âgé de 18 ans et sur le point d’être incorporé dans l’armée pour son service militaire.

« Queen and Country » est tout d’abord le portrait d’une Grande-Bretagne d’après guerre qui tente de se reconstruire sur les ruines de son empire. Les personnages représentent bien les mutations de l’époque sans pour autant tomber dans le démonstratif.

Le film ne se lance pas non plus dans la reconstitution historique. Il se déroule aux trois quarts dans une caserne militaire (des séquences tournées en… Roumanie) et sur une minuscule île de la Tamise près des studios de cinéma de Shepperton (où habitent les parents du héros et authentique maison de famille de John Boorman). Le film fait le choix de la comédie (avec quelques moments vraiment très drôles) et porte un regard plein de nostalgie et amusé sur cette époque de changement dans la continuité (symbolisé par l’accession au trône de la reine Elizabeth II en 1953).

Le rire (ah ces militaires, il faut bien avouer qu’ils en prennent plein la poire et sont très drôles) et l’émotion (Bill, sa famille, son ami, son amour) sont bien présents. John Boorman réussit à faire partager les sentiments de son double à l’écran (très bien interprété par Callum Turner) entouré de son meilleur ami le clown Percy (Caleb Landry Jones qui cabotine à fond) et bien entendu de ses idylles amoureuses (dont la très belle Tamsin Egerton qui joue ici une jeune aristocrate dépressive).

On est bien entendu bien loin des films qui ont fait la renommée de Boorman. Les violents « Point Blank », « The General » et « Délivrance » et les épiques « Zardoz », « Excalibur » et « The Emerald Forest » sont à des années lumières de « Queen and Country ». On est bien entendu plus proche de « Hope and Glory » et si l’émotion dégagée par « Queen and Country » est moindre, on reste devant un très bon film intimiste d’un cinéaste apaisé et mélancolique.

Certains pourront reprocher au film de manquer d’ambition. Mais je pense que le film est exactement tel que Boorman le voulait (contraintes de budget mises à part – rappelons que « Hope and Glory » était produit par la Goldcrest).

« Queen and Country » commence sur une séquence de tournage, multiplie les hommages cinématographiques et s’achève sur le gros plan d’une caméra qui s’arrête. Il y a comme un air de testament dans le film de John Boorman qui n’avait pas tourné depuis 2006 (« The Tiger’s Tail ») et est aujourd’hui âgé de 81 ans. Un ultime retour en arrière, plein de mélancolie mais également d’humour. Il y a pire révérence.

[xrr rating=7/10]

Sorti dans les salles françaises en janvier 2015

A découvrir également :