Review of: Pierrepoint
Drame:
Adrian Shergold

Reviewed by:
Rating:
3
On 24 mars 2017
Last modified:24 mars 2017

Summary:

Une biographie filmée d'un artistan de la mort, bourreau consciencieux et apparemment sans état d'âme. Très belle interprétation de Timothy Spall

Une biographie filmée d’un artistan de la mort, bourreau consciencieux et apparemment sans état d’âme. Très belle interprétation de Timothy Spall

Pierrepoint: The Last Hangman (2005)

Réalisé par Adrian Shergold

Ecrit par Bob Mills et Jeff Pope

Avec Timothy Spall, Juliet Stevenson, Eddie Marsan,…

Directeur de la photographie : Danny Cohen

Produit par Christine Langan

UK / USA

« Albert Pierrepoint (Timothy Spall) fut le plus célèbre bourreau de Grande Bretagne. Grâce à ses aptitudes et à la rapidité de son travail, il fut appelé par le Général Montgomery pour exécuter les criminels jugés au tribunal de Nuremberg pendant la Seconde Guerre mondiale… »

Toute profession a ses artisans consciencieux qui prennent sinon un certain plaisir, au moins une certaine fierté à faire leur travail le mieux possible. Albert Pierrepoint, descendant d’une lignée de bourreaux et bourreau lui-même de son état, est l’un de ceux là. Son but ? Faire de son mieux pour que son client, quelque soit son crime (d’ailleurs il préfère l’ignorer), soit exécuté le plus rapidement possible – sans souffrance inutile. Les gestes sont précis, étudiés, perfectionnés jusqu’à l’obsession.

Au fil de sa carrière entre 1932 et 1956, cet artisan modeste va effectuer 450 pendaisons, ôtant la vie à 433 hommes et 17 femmes.

Malgré sa pudeur extrême (sa femme va ignorer pendant longtemps sa profession), Pierrepoint va devenir médiatique. D’abord en exécutant des nazis condamnés à la peine capitale puis en effectuant certaines des exécutions les plus célèbres de l’après guerre, dont celle du serial killer John Christie et de la dernière femme exécutée en Grande Bretagne, Ruth Ellis (en 1955).

« The Last Hangman » nous permet de suivre Pierrepoint du début de sa carrière à sa retraite en 1956. Vie qui a été documentée par Pierrepoint lui-même dans son autobiographie publiée en 1974.

Le scénario suit assez consciencieusement la vie sans histoire de cet homme apparemment comme les autres qui vit modestement avec sa femme (Juliet Stevenson) et a pour seul ami James Corbitt (Eddie Marsan), un compagnon de pub avec qui il interprète de temps à autres des morceaux de music hall.

La relation avec James Corbitt est traitée comme étant centrale, ce qui ne semble pas forcément correspondre avec la réalité. Mais la façon dont finit cette amitié était trop originale pour qu’elle soit ignorée par le film qui en fait ici un élément central de l’évolution de Pierrepoint.

Le film reste globalement très sobre, Timothy Spall étant notamment excellent de retenue dans le rôle principal. Pour autant, on pourra reprocher à la fois à « The Last Hangman » son classicisme (tant au niveau de la réalisation qu’au niveau narratif) et aussi  la sur-importance de la relation entre Corbitt et Pierrepoint qui devient ici peu crédible tellement qu’il s’agit d’un ressort dramatique qui apparait artificiel (même si en l’occurence il s’appuie sur une part plus ou moins grande de vérité). Parfois la réalité est plus irréaliste que la fiction elle-même.

DVD zone 2 UK. Studio Lions Gate Home Entertainment (2007). Version originale avec sous-titres anglais.

 

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