Thriller / Horreur:
Cyril Frankel

Reviewed by:
Rating:
4
On 22 septembre 2015
Last modified:21 juin 2016

Summary:

Un film de monstre atypique pour la Hammer. Ici point de Dracula mais un pédophile protégé par une communauté corrompue.

Un film de monstre atypique pour la Hammer. Ici point de Dracula mais un pédophile protégé par une communauté corrompue.

NeverTakeSweetsFromAStranger

Never Take Sweets from a Stranger (1960)

Réalisé par Cyril Frankel

Ecrit par John Hunter d’après la pièce de Roger Garis

Avec Gwen Watford, Patrick Allen, Felix Aylmer, Bill Nagy, Janina Faye,…

Directeur de la photographie : Freddie Francis

Produit par Anthony Hinds pour Hammer Film Productions

Thriller

81mn

UK

Anglais expatrié, Peter Carter (Patrick Allen) vient de s’installer avec sa femme et sa fille dans une petite ville canadienne pour prendre le poste de proviseur de l’école locale. Quand sa fille Jean (Janina Faye) lui avoue qu’elle a dansé nue avec une amie devant un vieux monsieur, Carter décide d’aller porter plainte. Mais le vieux monsieur en question n’est autre que le fondateur de la ville Clarence Olderberry Sr. (Felix Aylmer) et son fils (Bill Nagy) est toujours aux commandes.

Never Take Sweets from a StrangerVoici un film à part dans la filmographie de la Hammer. Soit, il s’agit d’un film de monstres, genre où le studio avait déjà fait ses preuves, portant l’horreur gothique sur grand écran avec maestria et remettant au goût du jour les créatures mythiques telles que Dracula et Frankenstein. Mais ici point de Technicolor rutilant, point de décors extravagants. Le film est en noir et blanc et se déroule dans un Canada contemporain (bien que filmé intégralement en Angleterre). Quant au monstre, il n’est que trop ordinaire et est pourtant l’un des plus effrayants jamais filmés par la Hammer.

« Never take sweets from a stranger » (« N’accepte jamais de bonbons d’un étranger » en français) aborde comme son titre peut le laisser entendre un sujet bien plus terre à terre et malheureusement réaliste. Le monstre en question est un pédophile, le patriarche un peu dérangé du clan qui a fondé la petite ville où se déroule l’action et dont la population, corrompue par l’argent de la famille, ne veut se résoudre à reconnaître la dangerosité (ou plutôt se refuse de la voir étant donné le poids économique de la famille en question).

Les deux premiers tiers du film montrent toutes les réticences et oppositions que devront affronter les époux Carter pour obtenir justice. Un silence lâche et une hostilité sourde règnent dans la communauté corrompue. Après tout pourquoi autant de bruit ? Clarence Olderberry Sr. ne les a même pas touchées, il les aurait juste regardées. D’ailleurs pourquoi la petite s’est déshabillée, elle ne se rendait pas compte qu’on ne se déshabille pas devant un inconnu en échange de bonbons ? Et les parents de sa camarade nient la présence de l’amie en question, bref n’aurait-elle pas inventer toute cette histoire ? Le procès voulu par les parents de Jean vire à la mascarade.

Cette partie est assez théâtrale (le film est adapté d’une pièce américaine de Roger Garis) mais bien écrite. Le dernier tiers, celui de la double traque, qui se passe dans la forêt, est très bien filmée (travail remarquable de Freddie Francis) et permet au film de rentrer dans le vif du sujet. Toute l’horreur de ce monstre trop banal alors ressurgit et les masques tombent.

Contrairement à Dracula ou à Frankenstein, le physique même du monstre est tout à fait ordinaire. Un vieux monsieur d’apparence digne mais dont certains regards et le mutisme glacent le sang. Saluons une superbe composition inquiétante à souhait de Felix Aylmer, un second rôle plus ou moins spécialisé (pendant plus de quarante ans !) dans les rôles de personnes âgées pour le petit et grand écran. La toute jeune Janina Faye, dans le rôle de la petite Carter, livre une performance tout à fait honorable dans un rôle délicat. Heureusement elle avait déjà une petite expérience du cinéma notamment celui de la Hammer (elle jouait notamment le rôle de la petite fille dans le « Dracula » de 1958).

On peut saluer le travail également de Cyril Frankel, un réalisateur inégal mais qui signe ici l’une de ses plus franches réussites et réussit à maintenir la tension et le suspense tout au long du film (on préférera oublier son autre production Hammer « The Witches »).

« Never Take Sweets from a Stranger » est un ovni dans le catalogue Hammer et trop souvent oublié. Il s’agit néanmoins d’un petit film remarquable et sans concession sur un sujet difficile. Un pari indiscutablement osé pour son époque et l’une des meilleurs productions de la firme britannique. C’est une injustice qui sera je l’espère bientôt réparée mais à ce jour (septembre 2015), vous pouvez le trouver seulement dans un coffret Hammer zone 1 (Icons of Suspense: Hammer Films) ou en édition espagnole.

Rating: ★★★★★★★★☆☆ 

DVD zone 1 US. Studio Sony Pictures. Disponible dans le coffret « Icons of Suspense: Hammer Films ». Version originale avec des sous-titres anglais. 

A découvrir également :