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Tony Scott

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4
On 29 août 2011
Last modified:12 octobre 2015

Summary:

Bien loin de ses grosses productions hollywoodiennes, Tony Scott signait ici un premier film intimiste qui rappelle les oeuvres d'Harold Pinter et Samuel Beckett.

Bien loin de ses grosses productions hollywoodiennes, Tony Scott signait ici un premier film intimiste qui rappelle les oeuvres d’Harold Pinter et Samuel Beckett.

Loving memory de tony scott

Loving memory (1970)

Film de Tony Scott

Ecrit par Tony Scott

Avec David Pugh, Roy Evans et Rosamund Greenwood,…

Directeur de la photo : Chris Menges

Produit par Scott Free Entreprises, BFI Production Board, Memorial Entreprises

49 mn

1970

UK

Dans les années 50, dans la campagne du nord de l’Angleterre, un jeune homme est renversé par une voiture. Les occupants, une soeur et son frère Ambrose âgés tous deux de la cinquantaine, récupèrent le cadavre et le placent sur la banquette arrière de leur voiture, parmi les provisions. La femme installe le cadavre dans un fauteuil dans la chambre de James, leur plus jeune frère disparu. Elle le lave, l’habille, lui sert du thé, et lui fait la conversation comme s’il s’agissait tour à tour d’un invité et de James lui-même. Redoutant le jour où Ambrose devra l’emmener.

 

Vous m’auriez dit il y a encore quelques mois que j’achèterais un jour un film du réalisateur de  « Top gun » (1986) et de « Jours de tonnerre » (1990), j’aurais bien ri. Pourtant, c’est ce que je viens de faire en acquérant « Loving memory », un film de 1970 signé Tony Scott. Bien loin des blockbusters hollywoodiens décérébrés dont il s’est fait la spécialité, Tony Scott signait ici un premier film intimiste qui rappelle les oeuvres d’Harold Pinter et de Samuel Beckett.

Tony Scott filme en noir et blanc, avec une économie d’effets digne d’un moine dont le seul luxe réside dans de lents travellings et des plans larges qui ballaient une campagne désolée.  Les sons sont amplifiés, et les dialogues se résument quasiment au monologue d’une vieille femme qui a perdu la raison.

« Loving memory » est un film essai, écrit par Tony Scott lui-même (c’est le dernier scénario qu’il signera),   fascinant par sa lenteur, sa pesanteur, et l’interprétation rigoureuse de ses comédiens (tous professionnels – « c’est plus facile pour obtenir exactement le résultat que l’on souhaite » ).

A 26 ans, Tony Scott n’était pas un débutant complet, et avait déjà travaillé comme assistant réalisateur. La réussite de l’entreprise doit sûrement également à la présence de Chris Menges, célèbre directeur de la photographie,  qui avait déjà travaillé à l’époque sur deux chefs d’oeuvre : « If… » (1968) de Lindsay Anderson et « Kes » (1969) de Ken Loach.

Le livret de l’édition BFI du DVD/Blu-ray, reprend une interview d’époque de Tony Scott (fan de John Boorman et de Jancso, influencé par la peinture), qui livre un regard très critique sur le milieu du cinéma : « Je ne sais pas si dans quelques années je travaillerai entièrement pour l’industrie. Il y a trop de compromis, trop de pressions et je n’aime pas les gens avec qui on doit travailler. L’industrie du film britannique en particulier est en très mauvais état, et la faute est partagée par tous, les réalisateurs y compris. Il n’y a pas assez de sens du travail bien fait. Il y a beaucoup de gens à mon université qui auraient pu faire quelque chose si ils avaient commencé tout de suite.  Mais leurs idées coûtent de l’argent, et ils ne pouvaient outrepasser les syndicats qui regardent d’un mauvais oeil les films « expérimentaux ».  »

Du coup, après cinq ans de silence, Tony Scott signera encore une adaptation d’une nouvelle d’Henry James pour la télévision britannique (en 1976) avant de partir aux USA réaliser « Les Prédateurs » (1983) et « Top Gun » (1986).

Personnellement, je préfère le Tony Scott de « Loving Memory ». De très loin.

A noter que le (superbe) DVD/Blu-ray de BFI comprend également deux autres cours métrages, le premier de Tony Scott (« One of the missing », 1968) et le second signé par son frère Ridley (« Boy and bicycle », 1965, où le jeune Tony joue le rôle principal).

DVD/Blu-ray BFI. Version originale avec sous-titres anglais. Livret de 26 pages. 2 courts métrages (Boy and the bicyle, Ridley Scott, 1965, 28 mn + One of the missing, Tony Scott, 1968, 27 mn).

 

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