Review of: Everyday
Drame:
Michael Winterbottom

Reviewed by:
Rating:
3
On 12 mars 2017
Last modified:29 mars 2017

Summary:

Un film sensible sur l'absence à travers le le quotidien d'une famille de 4 enfants dont le père est emprisonné pendant 5 ans.

Un film sensible sur l’absence à travers le le quotidien d’une famille de 4 enfants dont le père est emprisonné pendant 5 ans.

Everyday (2012)

Réalisé par Michael Winterbottom

Ecrit par Laurence Coriat et Michael Winterbottom

Avec Shirley Henderson, John Simm, Shaun Kirk,…

Directeur de la photographie : Sean Bobbitt, James Clarke, Annemarie Lean-Vercoe, Simon Tindall et Marcel Zyskind

Musique : Michael Nyman

Produit par Melissa Parmenter pour Revolution Films et Channel 4 Television Corporation

Drame

UK

Ian (John Simm) se retrouve en prison pour cinq longues années. Sa femme Karen (Shirley Henderson) doit s’occuper seule de leurs quatre enfants qui voient leur père seulement par intermittence.

Diffusé sur Channel 4 et au cinéma dans un certain nombre de pays, « Everyday » est un projet ambitieux dont le tournage s’est étalé sur cinq ans, soit la durée d’emprisonnement de Ian. Un procédé qui rappelle le film américain « Boyhood » (2014) qui lui a été en tournage pendant 12 ans (le tournage a donc commencé avant « Everyday » mais il est sorti deux ans plus tard). Mais l’influence première du réalisateur Winterbottom vient plutôt de la série documentaire britannique Up qui suit depuis 1964 le destin de 14 enfants (le dernier épisode en date 56up est sorti en 2012).

Le procédé ici est justifié par le fait qu’on suit ainsi les quatre enfants de Ian et Karen qui grandissent sous nos yeux. Un choix loin d’être artificiel en l’occurence. Fidèle à son approche documentaire, Winterbottom a choisi quatre enfants de la même fratrie issus des classes populaires qu’il filme dans leur environnement (leur maison et leur école). A leurs côtés, on retrouve deux acteurs professionnels réputés : John Simm et Shirley Henderson.

Le procédé fonctionne particulièrement bien. Comme le suggère le titre, Winterbottom filme le quotidien de cette famille et les rencontres épisodiques avec ce père absent. Il évite aussi toutes facilités dramatiques (deux ou trois événements auraient pu prendre une tournure très dramatique mais ils sont désamorcés – renforçant habilement cet aspect « normal » de la vie de la famille – après tout la plupart du temps dans une vie, ce qui aurait pu se transformer en drame terrible n’est en fait qu’un événement stressant mais qui ne porte pas à conséquence).  De même la vie carcérale de Iain n’est que très peu abordée – on le voit essentiellement quand il rencontre ses enfants et sa femme.

Alors évidemment il ne se passe pas grand chose à l’écran. On voit les tensions psychologiques, le quotidien parfois difficile, mais la famille, malgré les pressions et le sentiment de manque omniprésent continue sa vie. Et grâce au jeu des acteurs et les choix de Winterbottom, on rentre efficacement dans l’intimité de la famille, une intimité réaliste qui n’est pas sur-dramatisée.

En fait la seule faute de goût qu’on peut reprocher à Winterbottom est l’usage excessif de la musique de Michael Nyman dans les scènes en dehors de la prison, quand on voit la famille souvent donc incomplète. Pour Winterbottom il s’agissait de donner de la respiration dans les scènes filmées dans la campagne du Norfolk. Mais ce n’était absolument pas nécessaire, et finalement l’omniprésence de la musique devient un artifice qui lui ne passe pas vraiment !

Malgré cette réserve majeure (en tout cas pour moi), « Everyday » reste une réussite, un film sensible sur l’absence qui mériterait d’être mieux connu (en France il n’a été diffusé à ma connaissance que deux fois – au festival de Dinard en 2012 et à celui des Ecrans Britanniques de Nîmes en 2017).

DVD zone 2 UK. Studio Soda (2013). Version originale sans sous-titres